De la difficulté d’être parent aujourd’hui et de la nécessité d’une co-éducation.
Face aux mutations des cadres de la parentalité, les dispositifs de soutien et d’accompagnement à la fonction parentale se multiplient,
se renforcent, intervenant dans des configurations familiales diverses, aux situations socio-économiques variées. Si bien que les structures dites de « petite enfance » et les accueils des tout-petits voient leurs objectifs glisser vers des préoccupations désormais beaucoup plus centrées sur leurs parents. Mais est-ce réellement nouveau ou bien n’étaient-ce pas là des préoccupations déjà anciennes ? Au commencement des Maisons Vertes, les réflexions émergentes autour de l’enfant n’étaient pas forcément antinomiques avec celles afférant aux parents. Notre recherche récente sur les LAEP montre effectivement un fonctionnement plus large de ce type d’accueil avec un souci croissant de socialisation globale des familles, exemplairement celles désignées comme « en difficulté ». Ainsi, tout particulièrement, des REAPP qui visent à adapter des pratiques professionnelles à un paysage familial nouveau, où la place de chacun est sans cesse redéfinie, celle de l’enfant mais également celle du ou des parents et de leurs responsabilités. Dans un tel contexte, parfois en tensions, les professionnels de l’Enfance aussi sont amenés à se questionner, ce qui participe de l’accentuation de l’intérêt autour de la parentalité.
Dans un double mouvement, devant la difficulté concrète d’être parent aujourd’hui et face aux exigences modernes des familles, aux préoccupations éducatives croissantes, les institutions ont ainsi à soutenir la compétence parentale en la reconnaissant comme telle, notamment en organisant la participation des acteurs aux décisions qui les concernent.
Si les travaux d’Alain Norvez, notamment, montrent bien que les parents ont été admis à l’intérieur des crèches seulement dans les années 80 et si, en 1979, ils ont pu assister aux réunions dans les écoles et bénéficier de délégations, un processus de démocratisation de l’éducation s’est opéré, modifiant les attentes vis-à-vis des parents mais aussi celles des parents eux-mêmes. Ce qui nous amène à parler de partenariat, de coopération et de co-éducation.