Jeux, reflets de societes

Peur de la nouveauté ou vigilance nécessaire ?

Jouer encore et toujours, les enfants d'hier comme ceux d'aujourd'hui, ceux d'ici comme ceux d'ailleurs vivent leurs relations aux autres, leur relation au monde à travers les jeux.

Le jeu pour les jeunes enfants est plus qu'une activité c'est quasiment un état d'esprit, une manière d'être qui permet un apprivoisement du réel par l'approche imaginaire et symbolique.

C'est vivre des situations de satisfaction ou de frustration… «pour de semblant».

La sophistication de la société ainsi que les moyens de production et de commercialisation conduisent à une séparation entre les activités des enfants et celles des adultes. Les enfants ont leurs espaces de socialisation et d'éveil ou d'apprentissage, leurs loisirs…, par tranche d'âges.

Si les adultes n'intègrent pas les enfants à leur monde il est vrai peu adapté. Ils se soucient en revanche beaucoup d'éduquer et de préparer les enfants à travers des apprentissages, des attitudes, des jeux…

C'est donc parfois avec une certaine inquiétude que les parents et professionnels observent des évolutions dont les conséquences posent question.

Plusieurs axes de réflexion ont animé notre comité de rédaction : les jeux vidéo permettent –ils aux enfants d'apprivoiser la réalité qui les entoure ?

L'évocation des jeux d'antan qui animaient nos journées sans le regard des adultes, nous a permis de souligner que cela supposait comme organisation collective, comme intériorisant de règles (parfois en passant par la transgression), comme capacité de négociation aussi. Les centres de loisirs aussi favorisent-ils les mêmes découvertes ?

La place de la transmission serait-elle remise en question par la difficulté où nous sommes à la fois de témoigner de ce qu'étaient les jeux de notre enfance et d'initier les enfants aux nouvelles technologies ?

Les marchands, les producteurs de jeux n'auraient ils pas intérêt à favoriser la satisfaction pulsionnelle immédiate plutôt que de soutenir la possibilité d'une démarche créatrice en différant celle-ci ?

Nous sommes loin d'avoir clos le sujet, mais les antinomies ne sont peut-être pas aussi évidentes qu'elles n'y paraissent.


Marie Nicole Rubio
, directrice de rédaction


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