se construire par l'image

L'actualité nous pousse à réfléchir à la responsabilité des adultes face à l'environnement visuel de l'enfant.

Faut-il protéger les enfants de tout ce qui fait violent ? Que doit-on considérer comme nocif ? Quelles sont les limites d'une telle démarche ? Comment pourrait-on éviter les effets ravageurs de l'image d'un bébé roumain dans les bras de sa mère suppliante ou posé à même le sol dans un hiver glacé ? Cette image est-elle plus ou moins violent que celles de certaines séries télévisées ?

L'image, la télévision, les jeux vidéo, les livres font partie intégrante de notre vie.

Nous créons des images à partir de diverses sources cognitives, émotionnelles et sensorielles. Autrement dit, c'est une démarche active à partir de ce qui est donner à voir, à sentir, à comprendre. Les images nous entourent, nous enveloppent dans leur diversité, leur charme, leur horreur parfois, sans que bien souvent nous ne prenions le temps de les mettre à l'épreuve de la parole. Pourtant les images comme les mots nous donnent des indications sur le monde tel qu'il est et sur les valeurs de la société qui nous environne. En cela, l'éducation à l'image de l'enfant ne saurait être dissociée du projet collectif d'humanisation.

La production d'images contribue inévitablement à la construction d'une représentation du monde, pourtant la manière dont chacun se repère face à elles et éventuellement s'en nourrit est singulière et ne relève pas d'un déterminisme direct. Ceci n'exclue pas pour autant la responsabilité de chaque auteur, non seulement face aux images produites, mais aussi face à la manière dont celles-ci sont contextualisées et présentées.

Pour les professionnels de la petite enfance, la question se pose inévitablement de rechercher un positionnement d'ouverture et d'exigence éducative qui reconnaisse à la fois la responsabilité de la communauté des adultes et la part de liberté d'interprétation, de création, de récréation de chacun (enfant ou adulte).


Marie Nicole Rubio, directrice de rédaction